Peut-on mieux prévoir les éruptions volcaniques?

Géologie
alice
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Peut-on mieux prévoir les éruptions volcaniques?

Messagepar alice » 19 mars 2009, 17:38

Bonjour,

Une question sur les applications de la volcanologie:

-Essaye-t-on toujours d'améliorer la possibilité d'anticiper les éruptions volcaniques et surtout progresse-t-on dans ce domaine? Car il semble que la nature du phénomène volcanique et surtout l'échelle du temps le concernant, ne soit pas favorable à ce type de prévision...

-Plus largement quelles sont les recherches en cours en volcanologie? les attentes et les espoirs?

Merci pour vos réponses.

JM Bardintzeff
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Re: Peut-on mieux prévoir les éruptions volcaniques?

Messagepar JM Bardintzeff » 20 mars 2009, 13:23

Chère Alice,
1. Bien sûr, la prévision des éruptions constitue le challenge majeur de la volcanologie moderne.
Les progrès ont été vraiment significatifs depuis une trentaine d’années. La montée du magma est maintenant bien suivie car elle se traduit par des vibrations de l’édifice (enregistrée par les sismographes) et la déformation de celui-ci (enregistrée par les géodimètre et les tiltmètres qui mesurent distances et pentes et leurs variations). La première éruption que j’ai pu suivre dans ma carrière (Soufrière de Saint-Vincent, Antilles, qui débuta un vendredi 13 - 13 avril 1979, on va fêter les trente ans !) avait été parfaitement prévue par le Seismic Research Unit de St.Augustine, Trinidad et la population évacuée à temps. D’autres éruptions ont été bien gérées (Pinatubo, Philippines, 1991, Soufrière de Montserrat, Antilles, 1997, Chaiten, Chili, 2008, etc.).
Le problème reste le temps parfois très court entre le début de la montée du magma et son émission, de l’ordre de 24-48 heures voire moins. On pense au Vésuve et à l’immense l’agglomération de Naples difficile à évacuer en si peu de temps.
Difficile aussi de savoir pour l’instant si une éruption en préparation sera modérée ou majeure : la prochaine éruption du Vésuve sera-t-elle catastrophique comme celle de Pompéi en 79 apr. J.-C. ou bien beaucoup plus modeste comme la dernière en 1944 ?
Il faut comprendre aussi que le magma peut « décider » de s’arrêter au dernier moment et c’est son droit ! La « non éruption » apparaît alors comme un « échec » de la volcanologie au yeux du grand public. Un effort important d’éducation, d’information des populations apparaît aussi primordial.

2. Les recherches en volcanologie sont à la fois théoriques et appliquées, les deux aspects étant indissociables pour comprendre le phénomène et le prévoir (voir question 1).
Du point de vue théorique : connaître le magma primaire, sa composition, son évolution, (pétrologie, géochimie), ses caractéristiques physico-chimiques, son aptitude à conserver ou à libérer ses gaz dissous (modélisation). Mieux connaître d’autres paramètres, liés à une éruption, pouvant être interprétés en terme de prévision (champs magnétique, électrique, gravimétrique, etc.) (géophysique).
Du point de vue appliquée : améliorer la sensibilité des capteurs, interpréter des images aériennes ou satellites (longueurs d’ondes visibles, infrarouges, radar).

Sans oublier les volcans sous-marins ou interplanétaires !
Le travail ne manque donc pas pour nos successeurs, les volcanologues du 21e siècle.


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