Le verre des roches volcaniques

Géologie
alice
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Le verre des roches volcaniques

Messagepar alice » 02 mars 2009, 20:56

Bonjour,

2 questions en fait:

-Les lames minces de basalte que nous avons, montrent en LPA des plages sombres qui deviennent claires: cela ressemble à des cavités: ce doit être du vide, mais je voulais confirmation... Il y a également des cristaux toujours éteints, il doit s'agir d'oxydes... et ce qui doit-être le verre semble micro-cristallin...
Question: arrive-t-on à voir du verre (toujours éteint donc) en LPA dans du basalte?

-Une de mes "plus grandes surprises géologiques" a été d'apprendre que les obsidiennes (vitreuses), se forment au cours du refroidissement très lent :shock: d'une lave très visqueuse... donc riche en silice et pourtant il y en a beaucoup en Islande, où à priori les laves sont plutôt basaltiques... de plus ces roches sont très sombres ce qui est un peu contradictoire :? ...
Quelle est la véritable explication de la formation de ces obsidiennes?

Merci beaucoup par avance.

JM Bardintzeff
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Re: Le verre des roches volcaniques

Messagepar JM Bardintzeff » 03 mars 2009, 16:19

Bonjour Alice,
Effectivement, dans les lames minces de basaltes, les plages de forme arrondie, de grandes tailles, isotropes (éteintes en LPA, Lumière Polarisée Analysée mais non en LPNA, Lumière Polarisée Non Analysée) sont des vacuoles de la lave, remplies de colle lors de la fabrication de la lame mince. Souvent dans ces plages on distingue des petites bulles d’air dans la colle, qui forment une sorte de croix en LPA.
Les minéraux toujours éteints, en LPNA et donc en LPA, sont dits « opaques ». Il est impossible d’en faire l’étude en lumière transmise : il faut la faire en lumière réfléchie ce qui est plus compliqué. Il s’agit en général d’oxydes de fer et de titane (magnétite, ilménite).
Le verre se trouve en petite plage isotrope, entre les microlites. C’est vrai qu’il est souvent recristallisé. A très fort grossissement, du verre, qui a l’air homogène, peut se révéler cryptocristallin. Il faut savoir que le verre n’est pas stable et a tendance à recristalliser (voir certains vitraux d’églises anciennes de plusieurs siècles).

Les obsidiennes ont une composition acide, de rhyolite en général, parfois d’andésite. Elles sont quasi complètement vitreuse. Leur couleur noire est due à la présence de certains éléments contenus dans le verre : il s’agit plutôt d’une teinte noire, un peu comme des lunettes de soleil. Un fin fragment d’obsidienne apparaît presque transparent.
Leur aspect vitreux dépend des conditions de refroidissement. Les obsidiennes contiennent, pour la plupart, moins de 1 % (et le plus souvent moins de 0,2 %) d’eau (sous forme -OH) et se forment à une pression inférieure à 0,1 kbar soit une profondeur d’environ 500 m. A Lipari, en Italie, on peut observer des roches montrant une transition entre ponce et obsidienne (aspect rubanné) : les chimismes de la ponce et de l’obsidienne sont les mêmes mais les gaz s’exsolvent dans la première et restent dissous dans la seconde.
En Islande, les roches basiques dominent. Mais des roches acides existent aussi, provenant de la différenciation des liquides basaltiques (10 % en volume environ). La plupart des roches acides (rhyolites souvent) sont claires, parfois vivement colorées comme à Landmannalaugar (la couleur est due à certains éléments en trace). La coexistence de roches basiques et acides est classique (Chaîne des Puys, Afars, etc.).
Amitiés. Jacques-Marie


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