tolérance des organismes commensaux

Immunologie
emmanuelle
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tolérance des organismes commensaux

Messagepar emmanuelle » 21 févr. 2009, 07:36

bonjour

nous possédons une flore de micro-organismes commensale assez importante au sein de notre organisme.
chaque population de micro-organismes précis occupe un endroit précis (sur la peau, dans le tube digestif...)

comment se fait-il que notre système immunitaire (notamment les sécrétions) n'élimine pas ces micro-organismes comme des agents du non-soi?
y a-t-il un rapport avec le CMH ? ou est-ce un type de tolérance qui passe par d'autres mécanismes ?

et lié à ces questions : cette tolérance est-elle locale (là où la flore se développe) ou générale (le micro-organisme est tolérée dans tout l'organisme) ?

Merci beaucoup
Emmanuelle

Eric ESPINOSA
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Re: tolérance des organismes commensaux

Messagepar Eric ESPINOSA » 22 févr. 2009, 17:40

Bonjour
Cette question fait l'objet de nombreuses recherches (du fait d'avancées dans la compréhension des mécanismes de tolérance et du fonctionnement de l'immunité innée) actuellement motivées par la compréhension des pathologies inflammatoires chroniques du tube digestif par exemple, où l'on suspecte l'importance de la flore commensale.

Au niveau de nos muqueuses réside une importante flore commensale ainsi qu'une importante barrière de défenses immunitaires (défenses passives de l'épithélium et actives des cellules immunitaires sous-jacentes). Il résulte de cette interaction une sorte d'équilibre où "tout est ok tant que chacun reste chez soi". En effet les bactéries commensales sont bien détectées, mais elles savent aussi envoyer des signaux immunomodulateurs qui évitent aux cellules du SI de trop s'activer quand elles les identifient. Ainsi les commensaux induisent une sorte de tolérance locale (impliquant de nombreux signaux moléculaires, des cytokines régulatrices (IL-10 par ex) et des cellules T régulatrices) vis à vis d'eux tant qu'ils ne franchissent pas les bornes! (tant qu'ils n'induisent pas de dommages à la muqueuse). De même notre muqueuse influence le développement de la flore commensale. Il s’en suit un subtil équilibre physiologique où notre muqueuse veille en permanence sur la flore et assure par des mécanismes basaux que cette dernière reste bien à sa place.
Pour répondre précisément à votre question, ainsi, le CMH n'est pas impliqué dans ce type d'interaction, la tolérance est locale et contextuelle si je puis dire, le même commensal induira une réponse s'il est introduit à un autre endroit ou s'il envahit trop la muqueuse.



Que ce passe t-il si maintenant le SI est confronté à un pathogène: ce dernier coloniserla muqueuse, souvent au détriment des commensaux d'ailleurs mais surtout il induit des dégats qui sont autant de signaux d'alarme pour le système immunitaire inné. Ainsi la présence de pathogènes détectés associée aux dégats qu'ils ont commis induit cette fois-ci une réponse immunitaire et non la tolérance.


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