caryogamie, réplication et fécondation

Gènes homéotiques
recco
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caryogamie, réplication et fécondation

Messagepar recco » 01 déc. 2008, 19:54

Bonjour,
Juste une petite question...
Chez les mammifères, la fécondation consiste en l'union des 2 lots haploïdes des gamètes pour former une cellule oeuf. Dans celle-ci, les 2 pronucléi réalisent une réplication puis fusionnent (caryogamie) pour former une cellule diploïde.
Peut-on employer le terme fécondation avant la caryogamie ou faut-il attendre la caryogamie ?
Même question pour la cellule oeuf ?
De plus, pour Sordaria, est-il vrai que la caryogamie a lieu avant la réplication, à l'inverse des mammifères ?
Merci de vos réponses, j'ai beau chercher l'info; je tourne en rond...

Jean Deutsch
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Re: caryogamie, réplication et fécondation

Messagepar Jean Deutsch » 08 déc. 2008, 10:25

FECONDATION :
Il est clair qu’on appelle fécondation la fusion de deux cellules haploïdes, sans qu’il soit besoin d’attendre la fusion de leurs noyaux (CARYOGAMIE). Toutefois, on ne parle de « fécondation » que lorsque les deux cellules haploïdes sont morphologiquement différentes (spermatozoïde/ovule ; grain de pollen/oocyte), ce qu’on appelle l’ANISOGAMIE. Lorsque les deux cellules haploïdes qui fusionnent sont semblables, on parle alors plutôt de « conjugaison ». C’est le cas par exemple chez la levure de boulangerie Saccharomyces cerevisiae, chez laquelle les deux cellules haploïdes qui fusionnent sont semblables, mais diffèrent génétiquement par leur « type sexuel » (a/alpha).
CELLULE-ŒUF :
Dès que la fusion des cellules haploïdes s’est produite, fécondation ou conjugaison, on parle de « cellule-œuf » ou « zygote ».
LE CAS DES CHAMPIGNONS :
Pour répondre à cette partie de la question, j’ai fait appel à Marguerite PICARD, professeur de Génétique à l’Université Paris-Sud (Orsay), que je remercie ici.
Chez les ascomycètes filamenteux (comme Sordaria, Neurospora ou Podospora), on peut parler de fécondation car il y a une réelle anisogamie. Mais la caryogamie va être RETARDEE. Il se met effectivement en place un état dicaryotique : des cellules contenant un noyau d’origine mâle et un noyau d’origine femelle vont se diviser et dans certaines d’entre elles les noyaux vont fusionner, la caryogamie sera immédiatement suivie de la méiose. Ainsi, l’organe femelle fécondé donne naissance à plus d’une centaine d’asques, dont chacun contient les produits de méioses distinctes : dans la quasi-totalité des cas, les produits de ces méioses seront différents. Ces organismes, qui ne savent pas multiplier l’état diploïde, ont trouvé cette tactique alternative (l’état dicaryotique) pour AMPLIFIER un événement de fécondation unique, qui, par de nombreuses méioses distinctes, va produire de nombreux « petits » différents. Ce qui est curieux, c’est que la réplication pré-méiotique se passe AVANT la caryogamie.
Chez les basidiomycètes filamenteux, qui eux non plus ne savent pas gérer l’état diploïde, il y a aussi un état dicaryotique, mais c’est un peu différent. D’abord, il n’y a pas de fécondation sensu stricto : la première étape est une fusion entre filaments (compatibles), donc équivalente à une conjugaison. Ensuite se met en place un état dicaryotique MAIS cet état est VEGETATIF : c’est un état de croissance qui peut durer très longtemps, avant que les conditions ne permettent la différenciation du « chapeau » dans lequel, certaines cellules dicaryotiques vont opérer la caryogamie, immédiatement suivie de la méiose.
Chez les levures, ascomycètes unicellulaires, deux cas sont possibles : chez la levure de boulangerie Saccharomyces cerevisiae, la conjugaison forme un zygote diploïde qui peut se diviser indéfiniment par mitose, avant que les conditions du milieu ne provoquent la méiose. Chaque cellule diploïde donne alors un asque contenant quatre spores haploïdes, qui lors de leur germination donneront quatre lignées haploïdes différentes. On a donc de multiples méioses pour chaque conjugaison. Chez une autre levure, très étudiée en laboratoire, Schizosaccharomyces pombe, la conjugaison de deux cellules haploïdes est immédiatement suivie de caryogamie, elle-même immédiatement suivie de la méiose. On n’a donc qu’une seule méiose par conjugaison.


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