mutation de l'ADN mitochondrial

Biologie cellulaire
zombie
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mutation de l'ADN mitochondrial

Messagepar zombie » 31 oct. 2008, 13:01

Bonjour,
J'aurais de nouveau une question !!

Je lis beaucoup d'articles en ce moment concernant l'ADN mitochondrial.
Il est très utilisé pour établir des phylogénies (sur l'ours des cavernes en ce moment, sur la vanille etc ...), mais j'ai lu que son taux de mutation était faible puis ensuite dans un autre article j'ai lu que son taux de mutation était élevé !!!!

Pour que l'ADN mitochondrial soit une bonne horloge moléculaire j'imagine que son taux de mutation doit être élevé, non ?

Mais alors ... une question me vient ... si l'ADN mitochondrial a beaucoup de mutation il doit bien y avoir des conséquences d'un point de vue du phénotype moléculaire dans les mitochondries, or les mitochondries fonctionnent de la même façon depuis longtemps ???????

Ouh, je ne comprends pas !!

Merci de m'aider, il doit me manquer un bon nombre de connaissances ou alors j'ai beaucoup oublié depuis la fac !!

-YB-
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Re: mutation de l'ADN mitochondrial

Messagepar -YB- » 03 nov. 2008, 20:11

Le taux de mutation est ce qu'il est (c'est à dire environ 10 fois supérieur à celui du génome nucléaire et en plus il n'est pas constant sur l'ensemble de la molécule d'ADN mitochondrial...). L'effet des mutations, c'est autre chose !

Pour une bonne horloge... il faut une bonne molécule. L'horloge moléculaire n'est pas identique en fonction des molécules. Il faut donc choisir la bonne pour remonter à la période d'intérêt. Une molécule très conservée (= sur laquelle de fortes contraintes s'exercent) permet de remonter "plus loin" qu'une molécule moins conservée (Mais posez plutôt la question à Jean Deutch !)

Par ailleurs, si vous considérez le code génétique mitochondrial, il est à troisième base flottante, c'est à dire que la reconnaissance codon/anticodon se fait essentiellement sur les deux premières bases. C'est ce qui permet à une mitochondrie comme la mitochondrie humaine de faire une synthèse protéique alors qu'elle ne possède que 22 ARNt...

Dans la mitochondrie, compte tenu des contraintes (fortes, vu l'importance physiologique des molécules) et du code (approximatif...), des mutations peuvent s'accumuler sur des molécules anciennes, ce qui en fait l'intérêt : l'ADN mitochondrial a longtemps été considéré comme un parangon d'évolution neutre, autrement dit à taux constant.

Mais... ceci est fortement remis en cause actuellement (insectes, et le résumé seulement d'un article polémique sur l'ensemble des metazoa) ce qui remet en cause son utilisation comme marqueur de suivi populationnel. Ce papier tend à maintenir l'hypothèse neutre chez les mammifères, mais les auteurs montrent que le taux de mutation est essentiellement influencé par la lignée considérée... autrement dit varie stochastiquement d'une lignée à l'autre...

Conséquence : certains doutent fortement de la validité, voire de l'utilité du "barcoding" (exploitant un seul gène mitochondrial). Un article à charge soulevant les problèmes du "barcoding" est accessible ici


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