micromammifères

Un écologue en avril-mai
alice
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micromammifères

Messagepar alice » 02 avr. 2015, 18:29

Bonjour,
Il me semble avoir lu que la biodiversité des mammifères et en particulier celle des micromammifères se maintenait, globalement, contrairement à celle d'autres classes d'animaux.
Est-ce exact?
Certainement certaines espèces de micrommamifères sont plus fragiles que d'autres, d'autres au contraire peuvent proliférer!
Quelles sont celles qui sont les plus touchées par l'action de l'homme et à quoi sont-elles le plus sensibles (pesticides, modification des milieux...)
A l'inverse quelles sont celles qui pourraient facilement proliférer?

Merci pour votre présence sur ce forum

Jeff MAUFFREY
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Enregistré le : 16 mars 2015, 20:05

Re: micromammifères

Messagepar Jeff MAUFFREY » 24 avr. 2015, 11:03

Bonjour, la question est effectivement complexe parce qu'elle est vaste mais nous allons tenter d'y répondre quand même en distinguant différents impact de l'homme sur les écosystèmes.
Le premier, la chasse qui a bien été décrit dans les communautés de mammifères et qui conduit à affecter très fortement les grandes espèces, et de manière plus surprenante à favoriser les petites espèces (sans doute par relâchement de la compétition interspécifique pour les ressources) par un processus nommé pas forcément de manière très heureuse "compensation écologique".
Ensuite l'effet surface (par exemple la déforestation) et la fragmentation, affectent négativement et souvent par des effets seuils, autant les grandes que les petites espèces de mammifères (il a très bien été décrit en Amazonie). Quelques rares espèces arboricoles profitent cependant (mais temporairement) de l'augmentation de l'effet lisière (un fragment forestier est entouré d'un périmètre avec une canopée descendante: comme il y a de la lumière, le feuillage pousse et cela crée des habitats supplémentaires pour les arboricoles).
Les espèces allochtones (apportées par l'homme) quant à elles induisent de lourdes pertes dans les faunes de micromammifères notamment insulaires, notamment lorsque ce sont des prédateurs (chats, chiens) ou des compétiteurs (autres espèces de rats que les natives ou souris). Le cas des Capromys dans l'archipel des Caraïbes en est une belle illustration.
Pour préciser la situation en France, ce sont plutôt les grosses espèces de rongeurs (marmotte, castor, écureuil roux et grand hamster) qui bénéficient de statut de protection et pas les petites dont les populations ne sont pas considérées en danger.
Finalement certaines espèces dites commensales profitent de manière extraordinaire du mode de vie humain (habitations, transports, stocks agricoles) et se répandent très rapidement aujourd’hui à la surface du globe : ce sont notamment le rat surmulot (Rattus norvegicus) et la souris domestique (Mus musculus). Quant au rat noir (Rattus rattus) à qui on doit la peste noire il a connu une expansion plus ancienne (depuis au moins 150 ans) à partir de son aire de distribution originelle (le sud-est asiatique).
Voilà j’espère que cela répond à votre question, n’hésitez surtout pas à me solliciter si cela n’était pas le cas, ou si vous désiriez des précisions.
Très cordialement
jeff


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