Mouche de l'olive

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alice
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Mouche de l'olive

Messagepar alice » 07 sept. 2014, 09:53

Bonjour,

On parle beaucoup en ce moment, d'une mouche parasite des olives. Il y aurait cette année une recrudescence de ses méfaits.

Si on en parle surtout cette année, est-ce lié aux modifications climatiques comme on le suppose? Pourtant il n'y a encore rien d'exceptionnel dans le climat...

Et pour élargir la question, connaît-on d'autres cas similaires susceptibles de se produire?

Merci pour votre participation

Romain JULLIARD
Messages : 1
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Re: Mouche de l'olive

Messagepar Romain JULLIARD » 10 sept. 2014, 16:40

Bonjour,
Je ne connais rien de cette espèce, mais la question touche à certains aspects de mes recherches : « comment la biodiversité fait face aux changements ».

Comme votre question le souligne, nous avons un problème méthodologique : nous avons une seule planète et un seul axe du temps, difficile donc de faire des corrélations sans répétition ni a fortiori d’expérimentation à ces échelles. On ne peut donc pas démontrer la proposition « la multiplication des mouches de l’olive est liée au réchauffement climatique ». Néanmoins, on peut mettre en œuvre la méthode poppérienne (de Karl Popper), qui propose qu’une proposition soit valide sur le plan scientifique tant qu’on ne la pas réfutée, tout en offrant un moyen de la réfuter. Dans notre cas ce serait : il existe une explication plus parcimonieuse (si possible avec un critère évaluable : probable, plausible, simple, moins tirée par les cheveux… pas toujours facile à définir la parcimonie !).

Comment avancer avec ça ? Par l’utilisation du conditionnel, vous soulignez vous-même le caractère anecdotique du constat et notamment le risque que cette « recrudescence » ne soit pas réelle mais par exemple liée au fait qu’on en parle et que tout le monde se mette à regarder et découvrir ce qui est en fait tout à fait habituel. Il faudrait donc pouvoir documenter le caractère inhabituel de ces observations : y a-t-il eu la même attention les années précédentes ? Quelle est la localisation du phénomène ? Une solution pour explorer la question serait d’avoir un suivi, c'est-à-dire des observations s’appuyant sur un protocole permettant des comparaisons entre sites ou dans le temps.

Nous sommes indiscutablement dans une ère de changements (on parle des changements globaux, tout autant climatiques que liés aux changements d’usage des sols : urbanisation, intensification de l’agriculture, ou abandon massif dans certaines régions, etc.). La biodiversité, parce que c’est notamment un tissu d’interactions entre espèces, offre une certaine résilience à ces changements, mais avec parfois des phénomènes de transitions abruptes quand la dynamique change brutalement d’état. On peut donc s’attendre à une multiplication de ces événements inhabituels, mais également, parce qu’on s’y attend et parce qu’on a peu de mémoire, à une multiplication des fausses alertes. Quel chalenge pour la recherche sur la biodiversité !

bonne journée,
romain julliard


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