evaluation épreuves orales

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naia
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evaluation épreuves orales

Messagepar naia » 17 déc. 2013, 13:37

Bonjour,
A priori, l'évaluation des épreuves d'oral s'effectue avec une série de curseurs se basant sur différents critères observables pendant l'épreuve.
Y'a--il des critères qui priment sur les autres dans l'évaluation et qui sont à eux seuls majoritairement responsables de la note obtenue ou ces critères sont tous d'égale importance.
Pourquoi cette grille d'évaluation n'est elle pas communiquée aux candidats ( bien que nous ayons, via le rapport du jury quelques indications) ?
Dans nos pratiques pédagogiques, il semble que l' on insiste justement sur l'importance que les élèves puissent avoir accès à nos critères d'évaluation (et comprennent ensuite l'origine de leur réussite ou de leur échec); quid de l'agrégation? Je sais bien que ce concours n'a pas de but "pédagogique" en soi mais pourquoi cette opacité sur cette grille?

Merci de votre réponse et merci d'avoir eu la gentillesse d'accepter de venir passer quelques semaines sur ce forum.

Gérard BONHOURE
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Re: evaluation épreuves orales

Messagepar Gérard BONHOURE » 27 déc. 2013, 15:22

Bonjour,

Des critères publics, oui… une grille de notation, non
Vous verrez qu’aucun concours (ou presque) ne publie les grilles de notation. Plusieurs raisons à cela.
D’abord, les grilles sont susceptibles d’évoluer, dans les critères mais aussi dans le poids relatif qui leur est accordé, et ceci pour tenir compte d’une éventuelle évolution des attendus (en général mentionnés dans le rapport de l’année n-1) comme de l’expérience acquise par les jurys dans la recherche d’une notation significative.
Les critères sont publics, la préparation d’un concours doit se faire en fonction des objectifs généraux qu’ils désignent : la préparation est d’ordre « stratégique » ! Fonder sa préparation sur le nombre de points accordés à tel ou tel items (c'est-à-dire selon des objectifs « tactiques ») serait contraire à l’esprit même des concours et à leur intelligence. Deux bonnes raisons donc de ne pas publier des grilles trop précises : ne pas enfermer les membres du jury ET ne pas enfermer les candidats dans des rituels normés et codifiés.

D’autre part, une grille, aussi explicite qu’elle soit, ne porte des indications que sous une forme très concentrée destinée simplement à préciser, en quelques mots, ce sur quoi la notation du critère évalué se fonde. Or, derrière ces mots, il y a tout le travail collectif du jury qui s’approprie la grille, une véritable « culture collective » qui fonde l’harmonie de la correction à l’issue de discussions souvent longues. L’utilisation de la grille par une personne extérieure aurait toutes les chances d’apporter des distorsions, éventuellement sources de procédures injustifiées.
Publier une grille hyper précise, par item, avec le nombre de points, n’a donc pas véritablement d’intérêt.

Par contre, je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que les « critères d’évaluation » doivent être connus. C’est pour cela que le rapport les indique, sous forme précise, non rédigée en « compétences » mais dont on peut facilement faire la transposition.

Exemple :
1 – contenu cognitif… SAVOIR
- définir un contenu conforme au sujet
- adapter ce contenu à un niveau d’enseignement (maitrise, exactitude, précision des contenus)
- distinguer le fait de l’idée, le réel du modèle etc…

Faites l’exercice avec les autres items, vous verrez que vous dégagerez sans peine des grandes lignes de travail, applicables au quotidien (et c’est cela l’intérêt d’un concours en prise sur le professionnel) et qui vous permettront de vous entraîner. Comme je l’indiquais à l’un de vos collègues, travaillez à plusieurs : un qui fait, un qui évalue… et discutez de l’évaluation ! Une bonne façon de progresser à la fois pratiquement et dans la formalisation de la pratique.

Des critères dominants et déterminants ? … plutôt des facteurs pas totalement indépendants !
Si c’est bien le sens de votre question, aucun critère n’est déterminant et rédhibitoire pour le jury. Par contre, il est vrai que les causes d’insuccès à l’oral ont une certaine typologie qui est d’ailleurs décrite dans le rapport.

Dans tous les cas, l’aptitude à cerner le sujet et son contenu, à répondre au sujet, tout le sujet, mais rien que le sujet, est absolument déterminante car elle conditionne aussi la suite : le plan scientifique, l’utilisation de matériel et le choix des supports comme leur exploitation etc.

Donc, bien lire le sujet, s’en imprégner pour en définir le contour est probablement l’étape déterminant du succès. Elle est « nécessaire »… mais pas suffisante évidemment. Un conseil, en lisant le sujet, la plus mauvaise réaction possible est de se dire : « Qu’est ce qu’ILS attendent ? ». VOUS êtes candidat, responsable de sa prestation. VOUS êtes la référence autonome et responsable de vous choix. Demandez-vous : « Qu’est ce que JE veux mettre dans ce sujet, à ce niveau donné… ». Votre formation, votre réflexion antérieure, vous ont construit(e) : c’est avec cela que vous passez le concours, votre expérience, votre passé, votre culture professionnelle. Le jury n’attend pas d’un candidat qu’il tente de jouer au caméléon pour se fondre avec ce qu’il pense que le jury pense. Il espère un professeur qui fait SES choix, les assume et les présente.

La progression n’est jamais bonne si le sujet n’est pas cerné… Pour ce qui est des « critères de réussite » ils sont dans le rapport. Vous verrez que n’y figurent pas des critères qu’on pourrait qualifier « d’esthétiques » ou de « réthoriques », tel « l’équilibre entre les parties »… il s’agirait là d’une sorte de « critère de luxe », inopérant dans le cadre du concours, et sans grand intérêt tant que la progression a SA logique propre. Donc, surtout, construire une progression logique, démonstrative, adaptée aux objectifs du programme et au sujet.

Le choix et l’utilisation des supports constituent la deuxième pierre d’achoppement. Ce qui est attendu de l’utilisation en particulier a été bien décrit dans les rapports successifs. Inutile de multiplier les supports : il faut surtout bien les exploiter. L’archétype de l’inutilité pourrait se résumer à cette phrase : « on voit bien sur le document que… » car, le plus souvent, on ne voit rien directement ! Ce qui est attendu, c’est bien une démonstration soignée, dans laquelle les éléments significatifs sont désignés, montrés, autour desquels un raisonnement est articulé. Il faut donc exploiter les supports en explicitant le lien entre le support et ce en quoi son utilisation fait avancer le schmilblick ! Vous me pardonnerez, je l’espère, cette expression relâchée qu’on ne se permet pas dans un rapport… En gros, et toujours aussi schématiquement, en utilisant un support, il faut faire passer au jury le message suivant : « C’est çà qui, dans ce que vous présente, permet de faire avancer le sujet… » (ce que dans ma vie antérieure de professeur je désignais pour mes élèves comme la loi du « céçaki », destinée à répondre à la question « cékoiki ? »… « C’est quoi qui, sur la courbe, dans l’image, sur la carte etc. permet de dire que… »). Précis, et explicite, à l’écrit comme à l’oral : voilà ce qui « rapporte ».

Encore une fois, je tiens à redire que tout ceci n’engage que moi – surtout les formulations…-. Mais l’esprit dans lequel fonctionne le jury est bien celui-ci. Pas d’attachement aux détails, une grande écoute des candidats et de ce qu’ils apportent. Alors, faites confiance au jury, livrez vous en vous appuyant sur votre libre arbitre, votre jugement, votre bon sens, votre expérience.

Et surtout, pour réussir cela, ayez confiance en vous.

Gérard Bonhoure


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