Risque de transmission du Sida

Trois médecins (projet e-bug) à notre écoute pendant 2 mois!
ondiraitlesud
Messages : 372
Enregistré le : 13 nov. 2010, 16:52
Lieu de travail ou de résidence : Bordeaux

Risque de transmission du Sida

Messagepar ondiraitlesud » 28 nov. 2012, 15:17

Bonjour,
Dans le cadre de l'éducation à la sexualité, je discute souvent avec les 3° du risque de transmission du VIH en fonction des pratiques sexuelles.
Cela m'amène parfois sur des chemins et des questions surprenants.
Avez vous un document synthétique ou des informations concernant celui-ci?
1° exemple, un ami médecin m'a expliqué que l'on pouvait pratiquement conseiller à un couple fidèle dont un membre est séropositif de se passer du préservatif si la trithérapie mise en place était efficace, du fait de la charge virale quasi inexistante dans ce cas là. Est ce un fait qui est tu afin de ne pas brouiller le message de prévention, ou est-ce exagéré?
2° exemple, dans les documents que je leur fournis, il est marqué que s'échanger une brosse à dents présente un risque, mais pas celui de s'embrasser. Une question fréquente est alors de me demander "Et si on s'embrasse après s'être brossé les dents?" Je leur réponds que le risque existe du fait des micro-saignements mais dans quelle mesure est-ce vrai, si l'on compare celui-ci avec un rapport classique non-protégé?
3° exemple : l'augmentation du risque du rapport anal par rapport au rapport vaginal du fait d'une muqueuse plus fragile est-il quantifié?
4° exemple : dans le cadre d'une fellation où celui ou celle qui la pratique est séropositif(ve) (et pas celui qui en "bénéficie"), le risque est-il quantifié? Et dans l'autre sens?
Pour ce 4° exemple, je sais que mes réponses ont parfois conduit certain(e)s élèves vers les centres de dépistage, avec l'angoisse que cela comporte, d'où mes demandes de précisions.
Merci beaucoup!

Dr Pia TOUBOUL
Messages : 9
Enregistré le : 27 août 2012, 13:11

Re: Risque de transmission du Sida

Messagepar Dr Pia TOUBOUL » 04 déc. 2012, 15:24

Bonjour,
Dans le cadre de l'éducation à la sexualité, je discute souvent avec les 3° du risque de transmission du VIH en fonction des pratiques sexuelles.
Cela m'amène parfois sur des chemins et des questions surprenants.
Avez vous un document synthétique ou des informations concernant celui-ci?
1° exemple, un ami médecin m'a expliqué que l'on pouvait pratiquement conseiller à un couple fidèle dont un membre est séropositif de se passer du préservatif si la trithérapie mise en place était efficace, du fait de la charge virale quasi inexistante dans ce cas là. Est ce un fait qui est tu afin de ne pas brouiller le message de prévention, ou est-ce exagéré?


Réponse du Pr Pierre Dellamonica
Effectivement, si la charge virale (CV) plasmatique est < à 40 copies depuis plusieurs mois (1 an), le risque de transmission est nettement diminué. Certains travaux ont toutefois montré que la charge virale plasmatique n'est pas toujours corrélée à la charge virale génitale (sécrétions vaginales ou sperme) et peut être détectable même si la CV plasmatique est < 40 copies. On peut considérer que le risque de transmission est diminué si la CV plasmatique est < 40 copies depuis 1 an, mais l'excrétion génitale possible du virus n'exclue pas totalement le risque.


2° exemple, dans les documents que je leur fournis, il est marqué que s'échanger une brosse à dents présente un risque, mais pas celui de s'embrasser. Une question fréquente est alors de me demander "Et si on s'embrasse après s'être brossé les dents?" Je leur réponds que le risque existe du fait des micro saignements mais dans quelle mesure est-ce vrai, si l'on compare celui-ci avec un rapport classique non protégé?


Réponse du Pr Pierre Dellamonica
Ce sont bien les micro saignements qui sont en cause. Plus la CV plasmatique est contrôlée (< 40 copies) depuis longtemps, moins le risque est important. Pour qu'il y ait contamination, il faut d'une part du virus et de l'autre part une plaie ou érosion de muqueuse qui permette au virus de pénétrer dans l'organisme. On sait, par exemple, que les infections génitales (qui altèrent la muqueuse) majorent le risque de transmission. Le préservatif est une véritable sécurité.


3° exemple : l'augmentation du risque du rapport anal par rapport au rapport vaginal du fait d'une muqueuse plus fragile est-il quantifié?


Réponse dans 4°


4° exemple : dans le cadre d'une fellation où celui ou celle qui la pratique est séropositif(ve) (et pas celui qui en "bénéficie"), le risque est-il quantifié? Et dans l'autre sens?
Pour ce 4° exemple, je sais que mes réponses ont parfois conduit certain(e)s élèves vers les centres de dépistage, avec l'angoisse que cela comporte, d'où mes demandes de précisions.
Merci beaucoup!


Réponse du Pr Pierre Dellamonica
Les risques sont difficilement quantifiable. On avance (source Sidainfoservice) :
- Entre 1 homme séronégatif et 1 femme séropositive : 5 contaminations pour 10 000 rapports
- Entre 1 homme séropositif et 1 femme séronégative : 10 contaminations
- Rapport anal homme séropositif et homme ou femme séronégatif : 50 contaminations
- Rapport anal homme séronégatif et femme sérpositive : 6,5 contaminations
- Fellation femme ou homme séronégatif sur homme séropositif : 1 contamination
- Fellation femme ou homme séropositif sur homme séronégatif : 0,5 contamination

Ajout des balises. MCS


Retourner vers « Médecins (2012) »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité