Transferts horizontaux de gènes

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Roubi
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Transferts horizontaux de gènes

Messagepar Roubi » 18 oct. 2012, 20:16

Bonjour,

Voici une question quant au nouveau programme de Terminale S concernant les transferts horizontaux de gènes : où poser la limite ?
Pour la partie diversification du vivant, le BO indique uniquement les transferts par voie virale mais suivent les fameux "..." Donc que fait-on des transferts par conjugaison intraspécifiques ?
Je veux dire en terme de bilan, comme dans le Bordas, doit-on dire aux élèves que c'est uniquement entre espèces différentes ? ou entre espèces différentes ou non ?

C'est tout le problème de ce programme-catalogue et source de frustrations : dans quelle mesure reste-t-on au plus près de la connaissance scientifique sans la sacrifier ?!

Cordialement,

Marc-André SELOSSE
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Re: Transferts horizontaux de gènes

Messagepar Marc-André SELOSSE » 20 oct. 2012, 15:52

Bonjour !

Je ne suis pas l'arbitre du programme ni de son interprétation... Mais voici ma lecture. Il y a trois grandes familles de mécanismes créant de nouveaux génomes par 'accident', par opposition au mécanisme intraspécifique répétitif de méiose-fécondation :
- l'hybridation (souvent un accident de fécondation, et entre espèces proches, donc chez les Eucaryotes),
- l'arrivée d'un gène venu d'ailleurs, par ex. via un virus, le transfert de plasmide, ou un morceau d'ADN (transformation)...; cela se passe chez les Eucaryotes ou les procaryotes,
- l'arrivée d'un génome entier qui rentre dans une autres cellules - l'endosymbiose, qui n'arrive qu'aux Eucaryotes car eux seuls pratiquent l'endocytose.
Les autres items de ce paragraphe renvoient à la plasticité phénotypique et à l'acquis, qui changent en effet aussi le phénotype.

Sur le fond, j'ai abordé ces trois grandes familles dans Pour la Science sous le nom "d'évolution par fusion" en 2011 : c'est le pdf no 65 d'une des pages de mon site :
http://www.cefe.cnrs.fr/interaction-biotiques/articles-grand-public
Par ailleurs, j'ai décrit le détail de ces transferts d'ADN vers les Eucaryotes (car ça leur arrive aussi, comme aux bactéries) dans un chapitre de P.-H. Gouyon (2009), Aux origines du sexe, Fayard (il s'agit du chapitre "Des organismes chimériques : le sexe "lent" des eucaryotes", pp. 46-67). Dans ces deux références, je me suis efforcé d'expliquer des faits peu connus mais scientifiquement démontrés comme pertinents et peu rares dans l'évolution.

Sur la forme pédagogique, le programme est déjà vaste par ailleurs... Et un exemple de chaque famille suffit, il ne faut pas recréer des cabinets de curiosité ou des zoos de diversité de mécanismes : l'esprit de cette diversité compte plutôt, en soulignant bien que le résultat est un génome nouveau, parfois mal ou pas mieux adapté, mais qui peut aussi être sélectionnable car il offre une nouvelle adaptation. De plus, l'ensemble de ce paragraphe me semble très eucaryote dans son inspiration : nul ne sait ce qu'il en adviendra au Bac, bien sûr. Donc, un ex. de chaque grande famille chez les Eucaryotes (voire à l'extrême limite un exemple supplémentaire de conjugaison bactérienne), ca me paraît déjà pas mal, non ? Je ne suis pas sûr, et j'ai trop peu d'expérience de l'enseignement dans vos classes (et du Bac) pour en être même certain...

J'espère sincèrement que vous saurez faire de ce programme moins un outil de frustration qu'un point d'appui pour intéresser vos élèves ; je puis comprendre vos difficultés au demeurant ! Amicalement, Marc-André

Ajout des balises. Mais il y a un pb d'affichage de la page...MC


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