Participation d'historiens des sciences dans les manuels

Histoire des sciences
MailMan
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Participation d'historiens des sciences dans les manuels

Messagepar MailMan » 07 oct. 2011, 21:24

Bonjour, je voulais savoir s'il vous parait normal qu'il y ait d'un coté une importance grandissante de l'épistémologie, de l'histoire des sciences ainsi que de la philosophie des sciences dans les introductions de programmes de SVT et que d'un autre coté aucun historien des sciences ne participe à la rédaction des manuels ?

Ne pensez-vous pas que cela serait le moyen le plus efficace pour que l'épistémologie percole concrètement dans nos enseignements ?

Je suis souvent étonné de la constante uniformité de la formation des rédacteurs de nos manuels à l'heure de l'ouverture des sciences à différents éclairages.

Laurent LOISON
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Re: Participation d'historiens des sciences dans les manuels

Messagepar Laurent LOISON » 08 oct. 2011, 10:39

Bonjour,

La question de l'uniformité des manuels (qui dépasse le cas des SVT) est effectivement un problème. La première raison est proprement commerciale : un manuel trop original prend le risque de ne pas être bien vendu. Pour ce qui est des équipes d'auteurs, chaque maison d'édition a sa propre politique, et effectivement, dans une grande majorité de cas, les auteurs sont des enseignants de SVT. Néanmoins, ayant moi-même participé à la rédaction d'un manuel, il y a au moins un cas où un historien des sciences a contribué (modestement) à ce type d'ouvrage.

Pour ce qui est des introductions (de plus en plus développées) des programmes, il y a très certainement un décalage entre l'orientation philosophique, historique et épistémologique qui y est indiquée et :
- les manuels
- le libellé du programme qui suit l'introduction
- la formation des enseignants qui ont la charge de mettre en oeuvre le programme

Comme je l'indiquais dans ma précédente réponse, je suis sceptique sur la possibilité d'une utilisation systématique de l'histoire des sciences dans l'acte d'enseignement lui-même. Il faut se méfier - à mon avis - de tout propos péremptoire sur la manière d'enseigner la science. Celle-ci doit (devrait) prendre en compte énormément de paramètres : envie du professeur (que je place en premier), type de connaissance à transmettre, nature et qualité du public, moment dans la scolarité, matériel disponible, etc.
En revanche, je pense que l'histoire et l'épistémologie des sciences pourraient apporter beaucoup à la formation du professeur, parce que ces disciplines permettent une mise en perspective salutaire de la pensée scientifique. On comprend mieux la science quand on la comprend historiquement. On en saisit mieux la nature et les obstacles. Disciplines par disciplines, cela aide à voir ce qui est fondateur et ce qui est accessoire. Une telle formation aiderait donc très certainement l'enseignant à organiser son propos et à souligner les points importants qu'il souhaite transmettre aux élèves. On pourrait par exemple très bien imaginer un enseignement d'histoire des sciences dispensé en master à destination des futurs enseignants. On pourrait également imaginer la mise en place de stages de formation (plus développés qu'à l'heure actuelle) pour les enseignants déjà en place.
Enfin, un dernier bénéfice de l'histoire des sciences pour les enseignants serait que la pratique régulière de cette discipline pourrait contribuer à maintenir tout au long de la carrière l'intérêt du professeur pour la science qu'il enseigne (ce qui me paraît une évidence peut être parfois un peu oubliée). L'histoire des sciences se pratique d'abord par la lecture, ce qui est tout à fait conciliable avec le métier d'enseignant.

En espérant avoir répondu à vos questions.
Très bon week-end,

Laurent Loison.


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