Espèce humaine et biodiversité

Géologie - évolution
alice
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Espèce humaine et biodiversité

Messagepar alice » 13 sept. 2010, 21:02

Bonjour,

L'espèce humaine est en progression quantitative exponentielle...
Toute espèce qui évolue de la même façon dans un écosystème a des répercussions sur la biodiversité de cet écosystème?

Dans ce cas peut on envisager qu'il soit inéluctable que l'espèce humaine soit responsable de l'appauvrissement de la biodiversité sur Terre?

Merci d'avance...
... et merci pour vos réponses très instructives.

Gilles ESCARGUEL
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Re: Espèce humaine et biodiversité

Messagepar Gilles ESCARGUEL » 14 sept. 2010, 11:05

alice a écrit :Bonjour,

L'espèce humaine est en progression quantitative exponentielle...
Toute espèce qui évolue de la même façon dans un écosystème a des répercussions sur la biodiversité de cet écosystème?

Dans ce cas peut on envisager qu'il soit inéluctable que l'espèce humaine soit responsable de l'appauvrissement de la biodiversité sur Terre?

Merci d'avance...
... et merci pour vos réponses très instructives.


J'ai bien peur qu'il faille répondre "oui" à vos trois questions... Les 2 premières, sans hésitation. La troisième mérite une petite précision.

En fait, l'humanité pèse de deux façons distinctes dans la base : (i) par sa seule présence, et donc son emprise géographique, augmentant +/- proportionnellement à la démographie, et (ii) par ses activités, industrielles notamment, et l'impact indirects qu'elles ont (pollutions, réchauffement climatique, etc.). Distinguer ces deux axes d'action humaine sur la biosphère permet d'aborder un des points les plus préoccupant (à mon sens) du point de vue de la relation Humanité-Biodiversité : ces deux niveaux d'actions ont des effets sur la biodiversité à des échelles géographiques différentes.

L'augmentation exponentielle de la démographie, et donc de l'emprise au sol (au sens large, c'est-à-dire océans inclus, via la pression de pêche), aboutit, indépendamment du réchauffement climatique, à un fractionnement des milieux, lequel est la cause de chute de la biodiversité au niveau régional, mais pas nécessairement au niveau global (car à moyen-long terme, fragmenter génère de la spéciation).

Parallèlement, le réchauffement climatique en cours, qui est en fait une homogénéisation latitudinale (j'en ai déjà parlé sur un autre post), aboutit, indépendamment de l'augmentation de l'emprise au sol de l'humanité, à une chute de la diversité globale, notamment du fait de la disparition de nombreuses niches écologiques en moyennes et hautes latitudes.

Mettez ces deux paramètres ensembles : le cocktail est explosif !!!

Alors, oui, les choses sont, au moins en partie, inéluctables. Mais est-ce une raison pour renoncer ? Je ne le pense pas. L'emprise au sol, nous (humanité) pourrions la gérer, la contrôler bien mieux que ce que nous le faisons (ou, plus exactement, ne le faisons pas) actuellement... On pourrait même très certainement la réduire, ou pour le moins l'optimiser. Très simplement et pragmatiquement, à nos latitudes, les systèmes de jachères sont une excellente façon de maintenir de la biodiversité sur des sols anthropisés. Quant au réchauffement climatique, on en parle suffisamment pour savoir où est le problème (au premier ordre, le problème n'a qu'un seul nom : hydrocarbures...) et ce qu'il convient de faire...

Si le problème vient de l'humanité, la réponse à ce problème ne peut venir que de l'humanité... Et c'est bien le problème !!!

Gilles.


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